Présentation de l’activité

 

Elaboré par Wilfrid Raimond, le Bodhi Flow est une activité “ludomotrice”, s’inscrivant dans le mouvement émergeant  des arts du flow. Eclectiques, basés sur la manipulation de jouets d’adresse divers liée à la libre expression corporelle, les arts du flow se présentent comme une activité physique ludique, créative et méditative, dans l’esprit des arts du zen.

Ces arts ont un objectif commun: l’immersion dans le moment présent et l’exploration d’un état de conscience augmenté, qualifié aujourd’hui “d’état de flow” par la psychologie moderne.

Jarett exprime de la manière la plus juste l’état de flow lors d’un concert. « Mais dans ce concert, absolument tout, le timing, la structure d’ensemble de la prestation, la structure de chaque pièce, sa durée, sa fin, tout m’a été comme dicté… Je n’avais rien à faire d’autre que laisser mes doigts courir sur le clavier : la musique s’est donnée d’elle-même ». (Jazz magazine déc 2011, n°632)

Pratiquer le Bodhi Flow, c’est entretenir et développer l’agilité du corps et de l’esprit tout en s’amusant.

Aussi ludique que bénéfique, la pratique régule naturellement la respiration, la posture et le tonus corporel, elle stimule la motivation intrinsèque et la créativité, libère efficacement des blocages et évacue durablement le stress.

S’il développe des habiletés et compétences certaines, transférables à une situation d’auto-défense, le Bodhi Flow n’est cependant ni un art martial ni un sport de combat. Il n’invite à se projeter dans aucun univers guerrier imaginaire, son objet est l’instant présent.

La pratique du Bodhi Flow s’articule sur 3 axes :

  • Jeux de vitalité, basés sur les fondamentaux du travail interne.
  • Jeux de mobilité, basés sur les fondamentaux de la biomécanique.
  • Jeux d’opposition, basés sur les fondamentaux de l’escrime et du duel.

“Un instant de danger peut susciter une cessation temporaire du flux de la pensée et, ainsi, vous donnez un aperçu de ce que veulent dire la présence, l’éveil, ou la conscience.” Eckart Tolle, L’art du calme intérieur 

Nos jeux d’opposition ont pour objectif premier d’explorer l’état de flow sous fortes pressions psychologique et temporelle.

Dans l’esprit des anciens duels au premier sang, nos jeux se font à la touche: touché, gagné.

Sans contact physique direct, ils mettent l’accent sur le rapport de force psychologique, le décodage du langage corporel et l’usage de la ruse pour duper l’opposant et faire mouche.

Basés sur la motricité libre, nos jeux libèrent l’individu des contraintes du geste modélisé, pour le plonger immédiatement dans la dynamique de la confrontation. Là, plutôt que de restituer des gestes modèles, l’individu devra s’auto-organiser afin d’élaborer sa propre conduite motrice, au coeur même d’une situation où chacun cherche à vaincre. Très vite, faire des choix, prendre des décisions, penser par soi-même et faire jouer son libre arbitre devient une règle. Ici, le contrôle de soi et du jeu, c’est de contrôler l’autre dans le jeu.

Au fil des jeux, l’individu se construit un vécu “ludomoteur” à partir duquel sa perception et sa gestion d’une situation d’affrontement pourra évoluer.

Nous évaluons, ensuite, les conduites motrices sur cinq niveaux:

  • Les conduites émotives : l’affectivité prend le pas sur l’intentionnalité. Le tireur est dépassé, bloqué ou paralysé; la situation, l’environnement matériel et/ou le milieu humain sont perçus comme « hostiles ». Il faut s’en protéger.
  • Les conduites réactives : le tireur subit la situation. L’attitude générale est défensive. Il tente de s’adapter à un contexte qui le domine. C’est plutôt une succession de réponses.
  • Les conduites adaptatives : les problèmes apportent avec eux leurs solutions. C’est l’étape où le tireur gère ses émotions et transforme les savoirs en savoir-faire.
  • Les conduites proactives : hypothèses et anticipations induisent les conduites du tireur. Ce temps d’avance est gage de réussite, mais aussi de prises de risque.
  • Les conduites préactives : le tireur influence l’adversaire à dessein. Il crée lui-même les conditions de ses propres avantages, il est maître du jeu et fait preuve de grande aisance.

La condition physique et la technique, aussi importantes soient-elles, restent subordonnées au facteur décisionnel. Ainsi, dans notre approche, nous entraînons l’esprit et le corps suit. Le jeu prime.

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